Tag rime

« 2013, année balèze »

Bon, voilà n’en déplaise au Mayas, le réveillon de la Saint-Sylvestre a bien eu lieu. Une bonne chose de faite, rendez-vous l’année prochaine pour dire bye bye à 2013. D’ici là et avant de lui faire vos adieux, il va bien falloir lui faire coucou à cette nouvelle année, c’est-à-dire présenter vos vœux. Et je vous informe qu’il vous reste 30 jours pour envoyer vos cartes, e-cards et autres messages sur Facebook. En panne de formule rigolote et originale ? Pas de problème, Langue de pub a sélectionné pour vous les meilleures rimes en « -èze ».

Si vous vous adressez à un bouddhiste, le « 2013, année de l’ascèse » fera son petit effet. Dans le genre très calme, et dans l’hypothèse farfelue où vous enverriez une carte de vœux à un arbre, on vous conseille aussi le « 2013, année de la photosynthèse ». Tout aussi clivant, mais plus docte : « 2013, année de ta thèse ? » fonctionnera très bien, avec l’ajout bienheureux du point d’interrogation, pour tous les étudiants de troisième cycle qui galèrent sur leur mémoire de recherches depuis deux ou trois (ou quatre ou cinq) ans. Ami avec un philologue ? Pas de souci : le « 2013, année d’exégèse » s’impose tout naturellement avec classe et sobriété.

« 2013, année-parenthèse »

Votre contact n’est pas vraiment du genre mystique ou intello, mais plutôt dilettante à tendance branleur ? A vous les « 2013, année-parenthèse » ou « 2013, année de la foutaise » qui doivent quand même être maniés avec précaution de manière à ne pas encourager de mauvais penchants. Idem pour « 2013, année de obèses » qui pourrait être perçu de façon très blessante et qu’on réservera à ces cartes de vœux anonymes qu’on adresse uniquement à ses pires ennemis. A l’attention des plus pantouflards, Langue de pub vous conseille le très franchouillard « 2013, année de la charentaise ».

« 2013, année marseillaise »

Vous voulez au contraire la jouer internationale ? Pas de problème là non plus, les adjectifs de nationalité ayant une certaine tendance à se terminer en « -aise » au féminin. Donc 2013 pourra être au choix une année anglaise, hollandaise, irlandaise, polonaise, finlandaise, portugaise, malaise ou encore pakistanaise (mais là, on vous le souhaite moins quand même). Pour revenir dans les limites de l’Hexagone, les fanatiques des Bouches-du-Rhône ont aussi à leur disposition le fameux « année marseillaise ».

« 2013, année du pèze »

Pour finir cette petite liste non exhaustive, quelques formules thématisées. Vous craignez le réchauffement climatique ? « 2013, année fournaise » ou « 2013, année de la braise » sont des formules toutes trouvées. Vous la voyez plutôt sous la neige, en mode sapins et Sibérie ? Choisissez « 2013, année du mélèze ». Restent pour les plus matérialistes, un simple mais efficace « 2013, année du pèze », pour les plus acrobates le « 2013, année du trapèze » et pour les plus vicelards « 2013, année de la… ». Celui-là je vous le laisse, vous le trouverez bien tous seuls !

Publicités

La France forte, c’est maintenant

Cela fait quelques semaines que l’idée d’un billet sur les slogans de campagne des candidats à notre élection présidentielle me démange. Mais ma langue de pub s’est montrée assez feignante face aux dix candidats du 1er tour (et donc à leur dix slogans). Comme ils ne sont plus que deux maintenant, c’est plus facile. Alors ? « La France forte » et « Le changement, c’est maintenant » : passons au crible les slogans de messieurs Sarkozy et Hollande.

Nicolas Sarkozy ; affiche la France forte

La France forte. Avouons-le directement, le slogan de Nicolas Sarkozy est tellement moche qu’il en est même difficile à prononcer. Trop de « r », trop de « f » : les trois mots restent dans la bouche, ça manque de fluidité et de naturel. Sans doute aussi parce qu’il est assez maladroit et peu poétique (vous me direz la politique, ce n’est pas de la poésie. Ce en quoi d’ailleurs, je ne suis pas forcément d’accord) d’enchaîner deux mots se terminant par un « e » muet, surtout quand chacun de ces deux mots ne fait qu’une seule et unique syllabe. Ce qui est amusant, c’est qu’en 1981, Giscard d’Estaing utilisait déjà la formule dans une version plus longue, il est vrai : « Il faut une France forte ». On ne peut pas dire que ça lui ait vraiment porté chance…

François Hollande ; affiche "le changement, c'est maintenant"

On ne peut pas dire que le candidat socialiste ait été beaucoup plus inspiré que son rival au demeurant. « Le changement, c’est maintenant ». Quand on se souvient de certains slogans inspirés de Mitterrand (‘ »La force tranquille »), il est certain qu’on n’est pas tout à fait au même niveau. Le problème du slogan de François Hollande – au delà du fait qu’il utilise des mots-clés hyper bateaux et rabachés dans les campagnes présidentielles – c’est qu’il contient une rime qui n’est pas des plus heureuses et qui tient plus des paroles d’une comédie musicale  que d’une tragédie de Corneille.

Bon, reste à faire un choix maintenant. Côté slogan 1 partout balle au centre ; reste à comparer les programmes et les hommes. Ce n’est pas d’abord pour cela qu’on vote plutôt que pour une campagne de com’ politique ?

Le nouveau maillot blanc des Bleus

Le nouveau « maillot authentique extérieur France 2012/2013 » est blanc. Sacrée info non ? Même si j’aimais bien la marinière à laquelle cette tunique succède, ce n’est pas tellement sa couleur qui m’intéresse, mais le slogan qui l’accompagne. « Ne ressentir que la fierté » peut-on lire sur les grandes affiches placées à l’entrée de certains magasins de sport. Et moi qui croyais qu’un bon slogan n’utilisait jamais une tournure négative !

Affiche maillot équipe de France de football "Ne ressentir que la fierté"

Peut-être qu’au fond, d’ailleurs, ce n’est pas un très bon slogan : il faut avouer que l’utilisation du « ne… que », surtout avec un infinitif, n’est pas très élégante en français. Ça, c’est pour la forme. Mais sur le fond, « Ne ressentir que la fierté » laisse entendre que justement, on pourrait ressentir autre chose. Quelque chose qui pourrait par exemple ressembler à la honte d’une double élimination en phase de poules lors des derniers tournois majeurs auxquels ont participé les Bleus (Euro 2008 et Mondial 2010). Ou comment rappeler précisément ce qu’on aimerait enfin faire oublier. Drôle de parti-pris de la FFF et de son équipementier quand même.

Quand la FFF était poète…

Cette histoire de honte et de fierté m’a remis en mémoire une autre campagne de la Fédération française de football qui a suivi l’élimination de la Coupe du monde 2010. La FFF s’était offert des 4×3 dans le métro pour afficher un drôle de poème niveau CM1 que je me fais une joie de partager de nouveau avec vous. Rimes plates, vers boiteux (de 8 à 11 pieds) : à l’époque, je me suis demandé si Frank Ribéry n’en était pas l’auteur.

Affiche poème football Bleus

%d blogueurs aiment cette page :