Tag racolage

Dieu, le sexe et les nazis

L’été, c’est généralement la trêve des confiseurs côté news. Du coup, les magazines sortent du frigo des sujets congelés qui n’ont pas grand chose à voir avec l’actualité au sens strict, mais qui sont supposés très appétissants pour le lecteur qui a trois heures à tuer dans le train. Alors, à votre avis, quels sont les mots-clés qui – habilement mis en scène en Une d’un magazine – créeront un réflexe pavlovien d’achat chez l’estivant moyen ? La réponse ci-dessous, en forme de présentoir de kiosque à journaux.

Dieu, le sexe et les nazis

Publicités

Envie de fraises. Nue. Dans le métro.

Si vous empruntez les couloirs du métro parisien en ce moment, il y a une affiche que vous avez forcément remarquée (et je ne parle pas de la pub de la FNAC mettant en scène un sosie de Richard Branson). Forcément, parce qu’elle met en scène une femme nue… et enceinte. Ca part très mal ? Eh bien pourtant, c’est malin et réussi. Explications.

Affiche Et encore, vous ne m'avez pas vue habillée

Qu’est-ce qui est moins glamour qu’une robe de grossesse ? A part un bon vieux bonnet de nuit, il faut bien le reconnaître, pas grand chose. Objectivement, une robe de grossesse, c’est moche. Du coup, le meilleur argument de vente pour un marchand de vêtements de maternité, c’est de proclamer « Mes robes à moi, elles sont carrément sexy ». C’est tout bête, mais dire et assumer ce paradoxe, c’est déjà un gros coup marketing. C’est le positionnement d’enviedefraises.fr qui le décline jusque dans la formulation de son message publicitaire, lui-même délicieusement paradoxal et impertinent. C’est cette très bonne accroche en regard d’une jolie jeune femme nue et enceinte « Et encore, vous ne m’avez pas vue habillée » ; ou celle-ci – qui compense une créativité un peu plus faible par une adresse directe au passant : « Allons, est-ce une façon de regarder une femme enceinte ? »

Affiche Allons, est-ce une façon de regarder une femme enceinte ?

On se prend un kebab à la Poutre de Bamako ?

Depuis un petit moment déjà, je me dis qu’un billet sur les noms de certains commerces s’impose. Pour tout vous dire, je suis même en train de monter un dossier sur les noms de salon de coiffure (Diminu-tifs, Infini-tifs et cie). Mais le sujet est tellement vaste (d’ailleurs si vous avez des photos, faites-les moi suivre) que je vais commencer petit bras avec une sélection d’enseignes de restaurants et fast-food. Bon appétit !

1. A tout seigneur, tout honneur, je m’incline devant l’immense propriétaire (sic) de fast food qui a osé appeler son affaire « Chez Bamako la poutre ». Je ne sais pas si c’est supposé ouvrir l’appétit. Mais ça m’a bien fait marrer en tout cas.

Enseigne Chez Bamako la poutre

 

2. Restons dans le même esprit (on se comprend) avec un resto africain qui répond au petit nom de… « A la banane ivoirienne ». Ne me dites pas que ça ne vous fait pas sourire !

A la banane ivoirienne

 

3. Allez… deux mots-valises foireux pour la route : une saladerie sur la plage, c’est « L’effet mer » bien sûr, et un restaurant parisien bobo « Les diables au thym »

Restaurant Les Diables au thym

L'Effet Mer restaurant

 

4. Pour finir, un jeu de mots premier degré peut-être très courant dans l’univers des pizzérias, mais que je n’avais jamais vu ni entendu avant la semaine dernière : « La tour de Pizz »

Pizzéria, la Tour de Pizz

 

PS : je me moque un peu bien sûr, mais je suis bien conscient que ces enseignes ont été conçues et réalisées avec des moyens qui n’ont rien à voir avec ceux que déploient les grands groupes dont on parle souvent ici.

%d blogueurs aiment cette page :