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Le nouveau maillot blanc des Bleus

Le nouveau « maillot authentique extérieur France 2012/2013 » est blanc. Sacrée info non ? Même si j’aimais bien la marinière à laquelle cette tunique succède, ce n’est pas tellement sa couleur qui m’intéresse, mais le slogan qui l’accompagne. « Ne ressentir que la fierté » peut-on lire sur les grandes affiches placées à l’entrée de certains magasins de sport. Et moi qui croyais qu’un bon slogan n’utilisait jamais une tournure négative !

Affiche maillot équipe de France de football "Ne ressentir que la fierté"

Peut-être qu’au fond, d’ailleurs, ce n’est pas un très bon slogan : il faut avouer que l’utilisation du « ne… que », surtout avec un infinitif, n’est pas très élégante en français. Ça, c’est pour la forme. Mais sur le fond, « Ne ressentir que la fierté » laisse entendre que justement, on pourrait ressentir autre chose. Quelque chose qui pourrait par exemple ressembler à la honte d’une double élimination en phase de poules lors des derniers tournois majeurs auxquels ont participé les Bleus (Euro 2008 et Mondial 2010). Ou comment rappeler précisément ce qu’on aimerait enfin faire oublier. Drôle de parti-pris de la FFF et de son équipementier quand même.

Quand la FFF était poète…

Cette histoire de honte et de fierté m’a remis en mémoire une autre campagne de la Fédération française de football qui a suivi l’élimination de la Coupe du monde 2010. La FFF s’était offert des 4×3 dans le métro pour afficher un drôle de poème niveau CM1 que je me fais une joie de partager de nouveau avec vous. Rimes plates, vers boiteux (de 8 à 11 pieds) : à l’époque, je me suis demandé si Frank Ribéry n’en était pas l’auteur.

Affiche poème football Bleus

La potion magique de Yannick Noah

L’éditorial de Yannick Noah paru dans Le Monde ce week-end (La potion magique) fait couler beaucoup d’encre et de fiel des deux côtés des Pyrénées. Il faut dire que le tennisman préféré des Français n’y va pas avec le dos de la raquette puisqu’il accuse explicitement la génération dorée du sport espagnol (Nadal, Contador, les basketteurs champions d’Europe, les footballeurs champions du monde, etc.) de recourir au dopage généralisé, et qu’il conclut sa tribune par une prise de position délibérément provocatrice : s’il faut être chargé pour gagner, alors autorisons EPO et autres molécules chimiques.

Yannick Noah

Je ne suis pas un spécialiste sportif, ni un médecin expert : mais ce que dit Noah, j’ai du l’entendre mille fois dans les contextes les plus différents, dans la bouche d’un journaliste, d’un sportif repenti, d’un de mes oncles, d’un pilier de bar, d’un chauffeur de taxi ou d’un médecin.

Clichés et lieux communs

Sur le fond : l’éditorial de Noah est un topos, un lieu commun, un cliché. Sur la forme : son discours est très simple, peu argumenté, il utilise des procédés stylistiques basiques : une métaphore filée transparente (la potion magique), l’épiphore (la répétition à la fin des premiers paragraphes de « les veinards ») et le paradoxe (la conclusion : autorisons le dopage). On pourra toujours dire que l’ex-tennisman chantant fait du populisme, de la démagogie, qu’il simplifie à l’extrême et caricature des situations infiniment compliquées, qu’étant donné son statut et sa légitimité, il devrait peser davantage ses propos et ses accusations portées sans preuve.

Reste que je suis émerveillé que des propos aussi simples puissent créer un tel ramdam. Le sport est un milieu très conservateur et chauvin : transposé dans le domaine de la politique par exemple, en remplaçant la question du dopage par, disons, celle du financement occulte des partis politiques, le propos de Noah serait sans doute passé inaperçu. Quant au dopage, c’est vraiment le dernier tabou, l’accusation ultime qui salit celui qui la reçoit comme celui qui la porte. Je vous laisse vous faire votre opinion en consultant le texte de l’éditorial de Noah : « La potion magique ».

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