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Et si on achetait un zoo ?

Quand j’étais petit, je rêvais de travailler dans un zoo. Plus précisément, je voulais « construire les endroits dans lesquels vivent les animaux », par exemple le rocher des ours blancs avec la piscine d’eau glacée juste en dessous. Pourquoi ? Aucune idée. Mais cette vocation précoce m’est revenue à l’esprit alors que je passais devant l’affiche du film Nouveau départ, à la base line prometteuse : « Et si on achetait un zoo ? »

Affiche Nouveau départ ; Et si on achetait un zoo ?

Je devrais écrire plus de billets sur les base line de film, la dernière en date doit être celle sur Shark 3D. Pourtant, ces quelques mots qui viennent signer l’identité d’un film (et éventuellement susciter une envie irrépressible de se rendre dans une salle de cinéma) cachent de véritables merveilles et de complets désastres aussi. Généralement, ce n’est pas très difficile de les reconnaître, mais je vous soumets tout de même un petit exercice pratique : sortez la base line de son contexte et faites-en une réplique de la vie ordinaire. Par exemple, vous êtes à table le soir, et entre la poire et le fromage, vous déclarez à l’être aimé, sur un ton très sérieux : « Chéri(e), et si on achetait un zoo ? ». Je vous laisse imaginer la réponse de votre moitié qui ne partage sûrement pas mes rêves d’enfant…

Le nouveau maillot blanc des Bleus

Le nouveau « maillot authentique extérieur France 2012/2013 » est blanc. Sacrée info non ? Même si j’aimais bien la marinière à laquelle cette tunique succède, ce n’est pas tellement sa couleur qui m’intéresse, mais le slogan qui l’accompagne. « Ne ressentir que la fierté » peut-on lire sur les grandes affiches placées à l’entrée de certains magasins de sport. Et moi qui croyais qu’un bon slogan n’utilisait jamais une tournure négative !

Affiche maillot équipe de France de football "Ne ressentir que la fierté"

Peut-être qu’au fond, d’ailleurs, ce n’est pas un très bon slogan : il faut avouer que l’utilisation du « ne… que », surtout avec un infinitif, n’est pas très élégante en français. Ça, c’est pour la forme. Mais sur le fond, « Ne ressentir que la fierté » laisse entendre que justement, on pourrait ressentir autre chose. Quelque chose qui pourrait par exemple ressembler à la honte d’une double élimination en phase de poules lors des derniers tournois majeurs auxquels ont participé les Bleus (Euro 2008 et Mondial 2010). Ou comment rappeler précisément ce qu’on aimerait enfin faire oublier. Drôle de parti-pris de la FFF et de son équipementier quand même.

Quand la FFF était poète…

Cette histoire de honte et de fierté m’a remis en mémoire une autre campagne de la Fédération française de football qui a suivi l’élimination de la Coupe du monde 2010. La FFF s’était offert des 4×3 dans le métro pour afficher un drôle de poème niveau CM1 que je me fais une joie de partager de nouveau avec vous. Rimes plates, vers boiteux (de 8 à 11 pieds) : à l’époque, je me suis demandé si Frank Ribéry n’en était pas l’auteur.

Affiche poème football Bleus

Monkey shoulder : viens petit singe boire mon whisky

S’il y a un alcool emblématique du marketing de la mémoire, c’est bien le whisky (je pense au dandy marcheur très XIXe siècle de Johnnie Walker ou encore à l’univers highlander de Clan Campbell). Acheter une bouteille de pur malt, c’est donc s’offrir un peu d’histoire, quelques gouttes de tradition… des valeurs qui séduisent sans doute les amateurs les plus âgés ; mais beaucoup moins les plus jeunes. D’où un vrai marché à occuper pour celui qui parviendra à (re)donner aux moins de 30 ans le goût du whisky (sans coca).

Bouteille de whisky Monkey Shouder

Un challenge relevé par la marque Monkey shoulder, dont le nom seul (épaule de singe) est déjà une profession de foi. Un petit nom rigolo et second degré, qu’il suffit de le comparer aux standards du marché, beaucoup plus statutaires et sérieux. Monkey shouder, ça aurait pu être le nom d’un smoothie. D’ailleurs, l’un des slogans de la marque détourne justement les codes sur lesquels tournent le discours de ses concurrents : « Not the original whisky. More original than that » (« Pas le whisky original. Beaucoup plus original que ça »).

Logo Monkey Shoulder "Not the original whisky. More original than that"

Par rapport au nom lui-même de la marque, et sans être anglophone natif, je me suis d’emblée posé une question sur la proximité avec l’expression « To have a monkey on one’s back » qui signifie de façon argotique « Etre accro à ». Est-ce délibéré de jouer ainsi avec le politiquement correct ? L’allusion sera-t-elle transparente pour un Anglais ou un Américain, ou bien est-ce ma langue de pub qui l’esprit mal placé ?

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