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Made in Aulnay : l’affiche de Citroën que vous n’êtes pas près de revoir

Cette affiche m’avait tapé dans l’œil il y a quelques mois, peut-être même plus ; on la voyait à l’époque depuis l’A1 entre Roissy-Charles de Gaulle et Paris, à hauteur d’Aulnay-sous-Bois évidemment. J’écris « on la voyait » pour des raisons évidentes puisque la direction de PSA a décidé récemment de fermer son site de production local. Je trouvais le concept vraiment intéressant : simple, percutant, positif pour un département comme la Seine-Saint-Denis plutôt montré du doigt en général. Une belle manière aussi de rendre hommage à l’histoire ouvrière et populaire du 93. J’aurais pu écrire un long billet… ce que je ne ferai pas compte tenu des circonstances. Mais comme vous n’êtes pas près de revoir cette affiche dont le slogan résonne désormais de façon très ironique pour PSA, je la reproduis ici. Au cas où vous l’ayez ratée sur l’autoroute…

Affiche Citroën Made in Aulnay

Monkey shoulder : viens petit singe boire mon whisky

S’il y a un alcool emblématique du marketing de la mémoire, c’est bien le whisky (je pense au dandy marcheur très XIXe siècle de Johnnie Walker ou encore à l’univers highlander de Clan Campbell). Acheter une bouteille de pur malt, c’est donc s’offrir un peu d’histoire, quelques gouttes de tradition… des valeurs qui séduisent sans doute les amateurs les plus âgés ; mais beaucoup moins les plus jeunes. D’où un vrai marché à occuper pour celui qui parviendra à (re)donner aux moins de 30 ans le goût du whisky (sans coca).

Bouteille de whisky Monkey Shouder

Un challenge relevé par la marque Monkey shoulder, dont le nom seul (épaule de singe) est déjà une profession de foi. Un petit nom rigolo et second degré, qu’il suffit de le comparer aux standards du marché, beaucoup plus statutaires et sérieux. Monkey shouder, ça aurait pu être le nom d’un smoothie. D’ailleurs, l’un des slogans de la marque détourne justement les codes sur lesquels tournent le discours de ses concurrents : « Not the original whisky. More original than that » (« Pas le whisky original. Beaucoup plus original que ça »).

Logo Monkey Shoulder "Not the original whisky. More original than that"

Par rapport au nom lui-même de la marque, et sans être anglophone natif, je me suis d’emblée posé une question sur la proximité avec l’expression « To have a monkey on one’s back » qui signifie de façon argotique « Etre accro à ». Est-ce délibéré de jouer ainsi avec le politiquement correct ? L’allusion sera-t-elle transparente pour un Anglais ou un Américain, ou bien est-ce ma langue de pub qui l’esprit mal placé ?

KFC : qui veut faire trempette dans mon seau ?

Trêve de bûches, huîtres et autre foie gras… les fêtes sont terminées et avec elles le raffinement et la délicatesse. 2012 est là et qu’on se le dise, la nouvelle année sera difficile : crise oblige, on devrait y déguster bien plus de burgers-frites que de tournedos Rossini. A condition d’apprendre très vite quelques bribes de mauvais anglais.

KFC dips' bucket

La responsabilité du poulet pané dans la crise de la dette souveraine étant très limitée, KFC n’a pas grand chose à voir avec le chaos que traverse la zone euro. Mais si les financiers peuvent dormir sur leurs deux oreilles, les grammairiens eux ont de quoi s’inquiéter, car au pays de l’anglicisme, la franchise 100% poulet frit est reine. Qu’est-ce donc que ce Dips’ bucket dont la silhouette totémique entourée d’adorateurs aux noms eux-mêmes très anglo-saxons (Pepper, Mustard) a envahi les couloirs du métro ?

Pour manger du gras, apprenez l’anglais

Pour qui connaît un peu le KFC, il est vrai que le terme bucket est presque devenu un nom commun pour désigner la corbeille en carton remplie d’une vingtaine de pièces de volaille. Quant au dips, la fameuse marque de chips Pringles en proposait il y a quelques années : des bocaux de sauce dans lesquels tremper lesdits chips. Aucune trace des dips sur le site de Pringles : j’en déduis que le produit a du faire un four et être retiré depuis du marché. L’usage du dip est donc attesté dès 2007 au moins : voilà pour mes travaux d’archéologue de la publicité. Et comme langue de pub se  veut non seulement érudit, mais aussi force de proposition, j’ai réfléchi à une manière de vendre des Dips bucket à un public non anglophone. Que diriez-vous du « Seau à trempette » KFC ou encore, pour reprendre un mot qu’utilisait ma mamie quand elle nous faisait des oeufs à la coque, de la « Corbeille à mouillette » KFC ? Sûr que ma grand-mère s’y retrouverait un peu mieux comme ça…

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