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Panasonic : la meilleur (sic) faute d’orthographe de la semaine

J’adore les bonnes grosses belles fautes d’orthographe bien grasses. Vous savez : un infinitif mis pour un participe passé (genre « Omar m’a tuer ») ou un accord passé à l’as. Je m’en régale d’autant plus quand ces fautes sont imprimées par dizaines de milliers d’exemplaires et qu’elles sont affichées un peu partout dans la vraie vie ou sur le web. Hier soir, je me balade sur le site de L’Equipe et… que que vois-je sur l’habillage publicitaire pour les rasoirs Panasonic (peut-être que c’est un signe d’ailleurs et que la marque devrait s’en tenir aux téléviseurs) ? Une faute niveau CM1, concernant un accord d’adjectif ; je cite « Venez découvrir les vidéos des testeurs, votez pour la meilleur (sic) etc. »

Faute publicité Panasonic "Venez découvrir les vidéos des testeurs, votez pour la meilleur"

L’affiche rouge de Nicolas Sarkozy

Allez, mon coup de cœur du week-end : un travail de conception-rédaction plutôt malin, réalisé pour le journal l’Humanité. Une image de Nicolas Sarkozy tenant le logo du quotidien communiste, assortie d’une accroche pêchue « Lisez l’Humanité pour changer », jouant sur la polysémie : une lecture qui vous change (comme notre Président sur l’affiche) et une lecture qui change de vos lectures habituelles. Pas sûr que cette campagne suffise pour que Nicolas Sarkozy s’abonne au quotidien à la faucille et au marteau, mais peut-être qu’elle permettra à certains curieux de (re)découvrir un titre historique de la presse française.

L'humanité, affiche de sarkozy, "lisez l'humanité pour changer"

La potion magique de Yannick Noah

L’éditorial de Yannick Noah paru dans Le Monde ce week-end (La potion magique) fait couler beaucoup d’encre et de fiel des deux côtés des Pyrénées. Il faut dire que le tennisman préféré des Français n’y va pas avec le dos de la raquette puisqu’il accuse explicitement la génération dorée du sport espagnol (Nadal, Contador, les basketteurs champions d’Europe, les footballeurs champions du monde, etc.) de recourir au dopage généralisé, et qu’il conclut sa tribune par une prise de position délibérément provocatrice : s’il faut être chargé pour gagner, alors autorisons EPO et autres molécules chimiques.

Yannick Noah

Je ne suis pas un spécialiste sportif, ni un médecin expert : mais ce que dit Noah, j’ai du l’entendre mille fois dans les contextes les plus différents, dans la bouche d’un journaliste, d’un sportif repenti, d’un de mes oncles, d’un pilier de bar, d’un chauffeur de taxi ou d’un médecin.

Clichés et lieux communs

Sur le fond : l’éditorial de Noah est un topos, un lieu commun, un cliché. Sur la forme : son discours est très simple, peu argumenté, il utilise des procédés stylistiques basiques : une métaphore filée transparente (la potion magique), l’épiphore (la répétition à la fin des premiers paragraphes de « les veinards ») et le paradoxe (la conclusion : autorisons le dopage). On pourra toujours dire que l’ex-tennisman chantant fait du populisme, de la démagogie, qu’il simplifie à l’extrême et caricature des situations infiniment compliquées, qu’étant donné son statut et sa légitimité, il devrait peser davantage ses propos et ses accusations portées sans preuve.

Reste que je suis émerveillé que des propos aussi simples puissent créer un tel ramdam. Le sport est un milieu très conservateur et chauvin : transposé dans le domaine de la politique par exemple, en remplaçant la question du dopage par, disons, celle du financement occulte des partis politiques, le propos de Noah serait sans doute passé inaperçu. Quant au dopage, c’est vraiment le dernier tabou, l’accusation ultime qui salit celui qui la reçoit comme celui qui la porte. Je vous laisse vous faire votre opinion en consultant le texte de l’éditorial de Noah : « La potion magique ».

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