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Mois octobre 2011

Le livre de Steve Jobs

La mort de Steve Jobs a amplifié une polémique pré-existante entre les fans du grand homme et ses détracteurs, qui critiquent notamment le modèle ultra-capitalistique d’Apple. Sans entrer dans une discussion que je trouve d’ailleurs assez vaine (Apple est une marque, une marque est créée pour faire de l’argent), j’aimerais signaler la couverture de Challenges qui titre : le livre de Jobs. L’article en question traite évidemment de la récente biographie officielle du fondateur d’Apple, par Walter Isaacson.

Le livre de Steve JobsPauvre comme Job, riche comme Jobs

Pour revenir au titre de Challenges, il est construit sur une double figure de style. Tout d’abord la paronomase entre Job et Jobs : rappelons-le, le Livre de Job appartient à l’Ancien Testament. Ensuite, le paradoxe, puisque le Livre de Job raconte les épreuves traversées par un homme juste et vertueux, poursuivi par un sort funeste qu’il ne semble pas mériter. On en a gardé d’ailleurs l’expression "pauvre comme Job" ; et si Steve a bien connu des épreuves difficiles dans sa vie (à commencer par son cancer), on peut cependant s’accorder sur le fait qu’il était loin d’être pauvre…

Offices du tourisme : l’art de la base line

Une série d’affiches vantant les mérites du tourisme au Maroc a attiré mon attention la semaine dernière. Plus précisément, et un peu comme d’habitude ici, c’est la signature de la campagne de pub (ce qu’on appelle en anglais une base line) que j’ai retenue : Maroc, le pays qui voyage en vous. Pas sûr que la formule construite autour d’un paradoxe (c’est le Maroc qui voyage en vous… et non l’inverse, subtil ?) veuille dire grand’chose, mais elle sonne bien. Et surtout elle est évocatrice d’un voyage présenté comme une sorte d’expérience intérieure, d’enrichissement personnel. Ce qui renvoie d’ailleurs directement à la précédente signature choisie par l’office du tourisme marocain Maroc, un pays qui fait grandir l’âme.

Affiche Maroc, le pays qui voyage en vousEn découvrant cette base line, j’ai repensé à d’autres campagnes publicitaires sur le même marché, à savoir celui du tourisme. Car il faut savoir que ces quelques mots jetés sur les affiches ou à la fin d’un spot TV sont particulièrement importants dans ce type de pub. Et que les agences en charge de trouver ces signatures doivent jongler avec une multitude de contraintes : composer avec l’aspect multilingue, puisque par définition cette petite phrase qui signe l’identité d’un pays sera traduite en plusieurs langues, s’efforcer de sortir des sentiers battus… le tout en très peu de mots. Un bon exemple est la signature actuelle de la Roumanie : Explore the carpathian garden, soit en français "explorez le jardin des Carpathes". Lesdites Carpates ont beau être connotées vampiriquement parlant, la formule fonctionne plutôt bien. Le principe est rusé : plutôt que de mentionner explicitement la Roumanie (nom qui évoque  malheureusement chez la plupart des Occidentaux Ceaucescu, l’extrême pauvreté et les Tziganes bien plus que des vacances de rêve), choisir une périphrase sur le jardin, terme connoté positivement, associé au nom d’une chaîne de montagnes bien connues.

Romania, explore the Carpathian gardenBon, d’autres base lines sont plus simples, notamment parce que toutes les destinations touristiques n’ont pas à traîner une réputation a priori négative. C’est le cas de la signature néozélandaise : 100 % pure qui a aussi le mérite de permettre des traductions extrêmement simples dans la plupart des langues européennes . Un écueil de traduction auquel la base line canadienne se heurte quant à elle de plein fouet : Keep exploring passe parfaitement en anglais, mais sonne nettement moins en français : Explorez sans fin. Curieux pour un pays pourtant officiellement bilingue ! De ce point de vue, le pompon revient quand même à l’Argentine dont la base line, proclamée à longueur de page sur le site web de son office de tourisme, est Palpite avec toi. Elle signifie peut-être quelque chose en espagnol, mais en français, je cherche toujours…

Affiche 100% pure New Zealand

"M. Joubert n’a pas été courageux. Il s’agissait d’une finale de Coupe du monde"

Bon, Langue de pub n’est pas un blog sportif, mais j’aime bien le rugby, et j’avoue qu’après la défaite de la France hier en finale de la Coupe du monde, ma déception s’est mêlée d’une pointe de jubilation : les petites phrases teintées de mauvais esprit, de mauvaise foi ou de chauvinisme allaient pleuvoir. L’arbitre serait cloué au pilori, on dénoncerait un complot anti-français, qu’on ferait sans doute remonter au bûcher de Jeanne d’Arc.

Morgan Parra, le visage plein de cocards

La classe de Marc Lièvremont

Et ça n’a pas manqué. Sauf que finalement l’encadrement du XV de France a finalement plutôt choisi de se taire, d’ailleurs c’est tout à l’honneur de Marc Lièvremont d’avoir refusé de critiquer l’arbitre : "je me suis engagé à ne pas critiquer son arbitrage." Du côté des joueurs, en revanche, on se lâche un peu plus. Dimitri Yachvili tire le premier : "Sur certains rucks, c’était n’importe quoi. Ils jouaient les ballons au sol." Suivi par Dimitri Szarzewski : "M. Joubert n’a pas été courageux. Il s’agissait d’une finale de Coupe du monde. J’aurais voulu que les choses soient équitables. Et ça n’a pas été le cas."

L’agression sur Parra ?

Évidemment, certains journalistes vont encore plus loin. Et évidemment, RMC n’est pas en reste quand il s’agit de sortir les grands mots et les titres accrocheurs (racoleurs ?). Je vous invite à lire l’article : Morgan Parra, l’agression qui change tout ? On y conseille notamment à Richie McCaw d’envisager une reconversion sur un ring, en boxeur vicieux. Pour finir, ce rapide passage en revue des réactions, je ne pouvais que donner la parole à la presse néo-zélandaise qui n’a pas été tendre avec les Bleus la semaine dernière… et qui pourtant se fend d’un papier à charge contre Craig Joubert, ou plutôt d’une sorte de compilation des commentaires les plus vifs à son égard. Où l’on apprend notamment que Piri Weepu a donné un coup de poing à Maxime Médard et que le meilleur joueur all black sur le terrain hier était sans doute… Craig Joubert lui-même.

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