juillet 2011
lun mar mer jeu ven sam dim
« juin   août »
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031

Mois juillet 2011

Les invasions barbares

On passe parfois devant de vraies pépites dans le métro : la preuve avec cette affiche pour un film sorti il y a déjà 2 ou 3 ans, Agora. Je ne l’ai pas vu d’ailleurs, mais je tiens plutôt le réalisateur (A. Amenabar) en haute estime depuis Les Autres. Et puis cette histoire d’émeutes religieuses et de grande bibliothèque d’Alexandrie m’a l’air bien séduisante… Quoi qu’il en soit, l’affiche du film elle-même m’a fait au contraire bien mal aux yeux, avec cette énorme faute d’orthographe (en haut à droite) niveau CM1. C’est sûr d’ailleurs qu’avec des barbarismes pareils, l’Empire romain a de quoi sérieusement vaciller

Cantona et le déo qui dure 4 jours…


Pour vendre son dernier déodorant, L’Oréal s’est offert deux atouts de taille : l’image du footballeur français que les Anglais auraient payé pour qu’il devienne leur roi ; et une drôle de promesse publicitaire chiffrée qui défie l’imagination et qu’on peut décoder ainsi : 4 jours sans déo. Commençons pas Cantona : un ex- footeux qui a toujours quelque chose à dire (même si c’est parfois des âneries ; cf les mouettes, les banques…) et qui le dit avec style et panache, ça force le respect. Canto s’est construit un personnage en or que tout le monde adore et déteste à la fois : il aurait bien tort de ne pas en tirer quelques grosses poignées d’euros. Voilà pour l’égérie "invincible" de notre publicité. Passons à la promesse.

96 heures, c’est 4 jours ; 4 jours sans déo, c’est quand même long

Ce qui est amusant, c’est que les "performances" de nos sticks et autres sprays vont bien au-delà des besoins humains. Qui donc a besoin d’un déo qui couvre les effluves de ses aisselles pendant 96 heures ? Ou de façon plus concrète pendant 4 jours sans interruption (c’est-à-dire sans retouche, sans douche et sans rafraîchissement) ? Peut-être quelques aventuriers, explorateurs et marins au long cours. Autant dire qu’ils ne sont pas foule dans les rayons des supermarchés. Mais voilà, même si personne n’a besoin (enfin je l’espère dans mon immense naïveté) d’un déo qui dure 4 jours, cette promesse chiffrée saura séduire une bonne partie des consommateurs. Parce que déjà 48 heures d’efficacité (le standard pour un déo, je vous invite à aller vérifier dans votre supermarché préféré) c’est beaucoup… mais alors le double ! Ce doit être un super produit, la bombe atomique du déodorant. Pour le dire de façon  faussement intello, dans ces 96 heures (ou même ces 48 heures) s’incarne un novlangue publicitaire déconnecté des réalités et des usages qu’il est censé décrire. Et qui invente ses propres codes et ses propres référentiels dans un monde qui est entièrement celui des produits, et plus vraiment celui des choses. Voilà une grave faute contre le langage. Et même la trogne d’Eric Cantona ne l’excuse pas.

Rat, tu claques !

Il existe des centaines de business qu’on n’a jamais envisagés autrement qu’avec l’œil du consommateur ou de l’utilisateur. Exemple : il m’est arrivé une fois d’avoir des souris chez moi. J’ai cherché le moyen le plus efficace de m’en débarrasser (en l’occurrence de bonnes vieilles tapettes), mais sans m’intéresser plus avant au marketing du souricide : quel packaging ? Quel nom de marque ? Quelle promesse client ? Et pourtant le business de la mort au rat n’échappe pas aux lois du marché : pour exister et vendre, il faut se démarquer, prouver sa différence et son efficacité.

Rat, tu claques !

J’étais bien naïf à ce sujet, jusqu’à ce que mes pas me portent, un jour de flânerie, devant la vitrine d’une quincaillerie. J’y ai découvert le  le raticide au nom incroyable de Ratuclac. D’où vient-il ? Est-ce qu’il faut y lire une sorte d’incantation presque magique "Rat, tu claques !" ou bien est-ce que le "clac" a valeur d’onomatopée, qui mime le bruit de la tapette à rat se refermant sur la fragile nuque du rongeur ? Évidemment, je n’ai pas pu m’empêcher d’examiner un peu plus en détail le reste de l’emballage (que je vous laisse découvrir ci-dessous, désolé pour le jaune fluo qui fait mal aux yeux) et deux "promesse utilisateurs" comme on dit dans le jargon marketing m’ont bien fait rire : "sans accoutumance possible" et "sans ramassage de cadavres épars". Eh oui m’sieurs dames, en utilisant Ratuclac vous ne serez ni un dealer ni un croque-mort pour rongeurs ! Avec de tels arguments, il va de soi que j’ai fait l’acquisition d’un plein carton de ce merveilleux raticide…

%d bloggers like this: